L’église paroissiale St Mathurin (Archive Foen Izella)

En 1864, l’église de Pleuven était en bien mauvais état. M. Le Bigot, architecte diocésain, appelé sur les lieux, constatait qu’elle était ouverte à tous les vents, que la pluie y pénétrait de toutes parts, et que le mauvais état de la toiture, des murs, de la charpente et du lambris pouvaient rapidement devenir un danger pour les fidèles. Il concluait son expertise en préconisant la reconstruction de l’édifice.

Le recteur de l’époque ne paraît pas avoir été tenté par l’aventure de cette reconstruction puisqu'il s’est contenté, durant ses huit dernières années de vie, de prendre bonne note des promesses de dons et de prêts en vue de l'ouverture du chantier. Le 24 novembre 1873, un nouveau recteur était installé à Pleuven : il s’agit de Jean-François Le Bras, qui a tout de suite pris en main l’affaire de la reconstruction et l’a menée rondement. M. Le Bras s’est adressé à M. Ernest Le Guerannic, architecte à Brest puis à Saint-Brieuc, à qui l’on doit 15 églises dans le Finistère et 35 dans les Côtes-d’Armor.

Le 15 octobre 1874, M. Le Guerannic proposait un choix : soit la reprise pure et simple du plan de l’ancienne église, un édifice de 20 mètres de long, bas, irrégulier, mais ne manquant pas de charme ; soit la construction d’un édifice original, entièrement de sa conception, long de 30 mètres, haut de 10 sous la voûte et comportant un beffroi de 30 mètres, une nef de cinq travées, des bas-côtés, un chevet polygonal, mais pas de transept. Le 10 février 1876, le préfet optait sans hésiter pour le second projet, réalisé à peu près sans modifications. Le 14 mars 1876, il a été procédé à l’adjudication des travaux. Ils ont été confiés à M. Joseph Le Louet, entrepreneur à Quimper, qui les a réalisés en consentant un rabais de 1% sur le devis initial établi par l’architecte.

Pendant les travaux, le culte a été célébré dans une dépendance du presbytère. Le 28 mai 1876, la première pierre du nouvel édifice a été solennellement bénite et posée par M. Hingant, curé d’Elliant, en présence notamment du recteur, de l’architecte, de l’entrepreneur, du maire de l'époque, Noël Renot, du président du conseil de fabrique, Noël Guiffant et de Pierre Cosquéric, le trésorier de ce conseil.

Le chantier a duré moins d’un an. Une partie des pierres de l’ancienne chapelle du Drennec a été utilisée dans la nouvelle construction. Le jour de Pâques, 1er avril 1877, la nouvelle église a été ouverte au culte. Le devis initial établi par l’architecte, y compris les vitraux mis en place dès l’achèvement du gros-œuvre par le maître verrier morlaisien Nicolas, s’élevait à 35 072, 02 Francs. Tous frais compris, l’église a coûté 42 341, 33 Francs, la différence s’expliquant par l’exécution de quelques travaux non prévus et, surtout, par le fait que les matériaux provenant de la démolition de l’ancienne construction ont été revendus beaucoup moins chers que prévu. Cependant, la situation financière de la paroisse étant saine, la nouvelle construction a été payée sans difficulté.

(source : Le patrimoine des communes du Finistère - Editions Flohic)

De plan rectangulaire, la chapelle est placée sous un vocable qui peut apparaître insolite sur le territoire de Pleuven, proche de l'ermitage de Saint Primel à St Evarzec. Le fief de St Tudy se trouve en effet à l'Ile Tudy et Loctudy, en pays bigouden. La légende rapporte néanmoins que les deux saints entretenaient des relations de bon voisinage. C'es ainsi que la tradition évoque une visite faite à Saint Primel par saint Tudy... A son retour, celui-ci fatigué et passablement échaudé par l'alcool qu'on lui avait servi, décida sagement de passer la nuit sur le chemin, avant de reprendre la route le lendemain... Les habitants de environs auraient alors décidé de lui élever une chapelle à l'endroit même où il avait dormi.

 

Chaque mur latéral de l'édifice est percé d'une fenêtre en arc brisé, placée de manière à laisser la lumière inondée le choeur. Le pignon ouest présente, de bas en haut, une porte entre deux contreforts, une pierre gravée portant la mention de l'année 1665 et deux écussons effacés, encadrés de palmettes, en alliance. Le pardon de St Tudy se célèbre le dimanche précédent l'Ascension et il est organisé par l'Association des amis de la Chapelle St Tudy.

Grâce à une minuterie permettant d'éclairer la chapelle, et au travers d'une grille, l'intérieur de la chapelle de St Tudy est visible en permanence.

 

La chapelle St Thomas

Cette chapelle est dédiée à St Thomas Becket, archevèque de Canterbury, que le roi d'Angleterre Henri II Plantagenet fit assassiner dans sa cathédrale le 29 décembre 1170.

Le culte de St Thomas a été diffusé par les moines de l'abbaye de Daoulas. Le domaine de l'abbaye avait des ramifications en pays fouesnantais, ce qui explique l'implantation de cette dévotion dans la région. Edifice entièrement construit en pierre de taille, la chapelle comporte un chevet aveugle cependant le choeur est éclairé par deux grandes ouvertures latérales.

 

Sur la façade ouest, deux contreforts d'angle dissymétriques entourent une porte en plein cintre avec crochets, chou et pinacles dans la tradition gothique du XVIème siècle. La base du clocher est ornée d'un écusson mi-parti aux armes des Penfeunteuniou et des Saint-Georges. Aux retombées de la toiture, quatre sculptures ornent les angles de la construction : un dragon ailé, un grotesque, un animal fantastique et un quatrième élément en partie noyé dans un contrefort manifestement rapporté qui s'avère difficile à examiner.

 

Découverte par inadvertance au printemps 1986, par Daniel Christien et Jean Nataïl lors de la réfection de la chapelle, cette fresque était cachée sous la chaux. Lors de la pose d'une panne haute côté sud, celle-ci a malencontreusement heurté le pignon et a fait éclater l'enduit de chaux. Ainsi apparaît, brochant sur une ample draperie, une façade classique : un fronton triangulaire, encadrant un Christ en croix, est supporté par six colonnes. Le grand vide central devait être à l'origine occupé par une toile peinte. Entre les colonnes, de saints personnages sont stylisés. L'auteur a très peu utilisé le pochoir : il a probablement travaillé à main levée (sauf peut-être pour le Christ) à partir d'un modèle d'origine italienne.

Détail intéressant signalé par Daniel Christien pour avoir réalisé le plafond en voûte de la chapelle lors de sa restauration, celui-ci n'est pas en demi-cercle parfait : à l'origine il y avait cinq points de centres qui ont été respectés pour que le périmètre de la fresque garde intégralement son contour initial.